La communication chez les animaux

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La communication chez les animaux

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La communication animale, qu’est ce que c’est, à quoi ça sert ?
De nombreuses espèces du règne animal ont développé des systèmes de communication complexes qui utilisent des signaux très spécifiques, allant du chimique au tactile, en passant par les moyens visuels et auditifs (Tomassello, 2010). Ces signaux sont utilisés dans divers contextes, notamment la défense territoriale, l’accouplement, les interactions parents-jeunes, les risques de prédation, la régulation des interactions sociales et la coordination des mouvements de groupes (Bradbury & Vehrencamp, 1998).
La communication est en règle générale intraspécifique, c’est dire qu’elle se fait entre individus de la même espèce. Pour qu’il y ait communication il faut qu’il y ait un individu émetteur, un receveur ainsi qu’un canal de communication par lequel va pouvoir se propager le message produit. L’émetteur est la source d’énergie, il se définit comme étant tout organisme qui va produire un changement énergétique dans son environnement ; le receveur est tout organisme capable, grâce à ses équipements sensoriels, de recevoir le changement énergétique en question. De plus, on va parler de signal, dont le rôle va être d’établir la communication, il est produit par des appareils particuliers (ex : glandes sécrétant les phéromones, la syrinx chez les oiseaux, …).
Nous allons maintenant développer un peu plus divers types de communication.

La communication vocale
Lorsque des animaux vivant en groupe vivent dans des territoires adjacents, la communication est un élément important pour réguler les relations entre groupes. En effet, les animaux doivent être capables de différencier les membres de groupes des conspécifiques hors groupe. La communication vocale est la modalité de communication la plus répandue pour la régulation de ces relations entre groupes. (Bradbury & Vehrencamp, 1998).

Les signatures vocales
Si des vocalisations sont produites, les animaux doivent pouvoir identifier vocalement l’appartenance à un groupe. Les deux options permettant à un animal d’identifier acoustiquement l’appartenance à un groupe sont d’utiliser la reconnaissance individuelle ou la reconnaissance de groupe (Zimmermann, 2014). Des signatures individuelles sont présentes et bien étudiées chez diverses espèces animales, notamment les éléphants (Lowodonta Africana) (McComb et al.2000), les singes Rhésus (Macata mulatta) (Rendall et al., 1996) et les suricates (Suricata suricatta) (Kondo et al. , 2010). Cependant, si le groupe social voisin contient beaucoup d’individu, alors se rappeler de chaque signature individuelle demande des capacités cognitives et de mémoire très importantes. Ainsi, il semble plus plausible que les individus utilisent des indices vocaux au niveau de groupe en général et non pas au niveau individuel. La reconnaissance des signatures de groupe fournit un mécanisme approprié permettant aux individus de distinguer les groupes, même s’ils ne peuvent pas reconnaître les signatures individuelles de tous les individus voisins. Des signatures de groupes ont été décrites chez de nombreuses espèces telles que les chimpanzés (Pan troglodytes) (Mitani et al.1992 ; Crockford et al., 2004b), divers cétacés et divers oiseaux chanteurs (Janik & Slater, 2010).

Apprentissage vocal
Les signatures de groupe peuvent émerger de différents mécanismes, innés ou appris (Janik & Slater, 2000). Les différentes propriétés acoustiques pourraient par exemple refléter la variabilité génétique entre les groupes sociaux. Par exemple, les chiens de prairie (Cynomys gunnisoni) montrent des différences acoustiques spécifiques de groupe génétiquement dérivées (Travis et al., 1997). Nicholls et autres (2006) ont montré qu’une signature de groupe pouvait également découler de différences écologiques entre les habitats.
L’apprentissage vocal est un troisième mécanisme possible pour l’émergence d’une signature de groupe. Il est défini comme « la modification de la structure acoustique d’une vocalisation résultant de l’expérience » (Janik & Slater 2000) et est donc moins susceptible d’être déterminé par des influences innées et davantage par des facteurs sociaux. Les humains (Homo sapiens), par exemple, dépendent fortement de l’apprentissage vocal pour acquérir un langage à la fois pendant la phase de développement et à l’âge adulte (Fitch et al., 2010). Dans les langues humaines, il existe une grande quantité de dialectes dérivés d’un apprentissage vocal. Les êtres humains sont sans conteste le meilleur exemple d’apprentissage vocal dans le règne animal (Fitch et al., 2010). En fait, l’apprentissage vocal est souvent qualifié d’élément clé de la singularité du langage humain et de ce qui distingue ce langage de la communication animale.

La communication chimique (détection par le système olfactif et/ou gustatif)
La plupart des substances chimiques présentes dans l’environnement forment des signaux chimiques de nature volatile. Ces signaux sont transportés par le milieu environnant (l’air, l’eau) ou par les organismes émetteurs (depuis leur lieu de production jusqu’à leur site de réception).
Pour pouvoir parler de ces signaux chimiques, il faut pouvoir distinguer les effets de ces molécules sur les organismes récepteurs. Tout d’abord on va parler de substances phéromonales, lorsque la communication se fait entre congénères (entre individus de la même espèce). Et, on parlera de substances allélochimiques (les kairomones, les allomones) lorsqu’on aura une interaction entre espèces différentes (interspécifique) comme par exemple les odeurs, venins et toxines.
Ces substances chimiques telles que les phéromones, les odeurs, les saveurs, les venins présentent une grande diversité structurale mais également fonctionnelle. Cependant, leur production montre un trait commun : l’intervention de cellules sécrétrices regroupées en glandes ou en organes spécialisés. Selon l’espèce animale et le sexe, ces glandes sont localisées sur différentes parties du corps. Si on se place chez les mammifères par exemple, chez l’éléphant on trouve des glandes temporales qui vont sécréter une substance avec une odeur très nauséabonde pour nous mais très attractive pour les femelles reproductrices, c’est ce qu’on appelle la période de Musth. Il y a également les glandes anales bien connues chez les carnivores mustéllidés (putois, furets, vison, martre,…) ; la gazelle elle présente des glandes dorsales qui lui sont utiles pour marquer son territoire, etc. L’urine renferme de nombreuses substances odorantes, dans la majorité des cas, les animaux (même les invertébrés !) utilisent l’urine pour marquer leur territoire ou les pistes de signalisation. L’odeur de l’urine se mélange également avec les odeurs de l’appareil génital.
La production et la nature de ces substances sont des processus soumis à de nombreux contrôles internes (âge, hormones), externes (lumière, température) et au rythme journalier. L’ensemble de ces facteurs va agir au niveau du système nerveux de l’individu émetteur et au niveau des cellules neurosécrétrices (cellules nerveuses qui vont libérer des molécules chimiques dans le sang) qui auront à leur tour un effet sur les glandes sécrétrices.
La détection et la réception des odeurs par exemple, se fera au niveau du système olfactif de l’individu receveur. Ce système olfactif est composé de cellules sensorielles spécialisées que l’on appel de « chimiorécepteurs », qui reçoivent les signaux chimiques émis dans l’air ou dans l’eau. C’est les insectes cela se passe au niveau des antennes, chez les vertébrés c’est au niveau du « nez ou naseaux ».

La communication visuelle
Les signaux visuels tels que la morphologie, la couleur (chez les espèces diurnes) sont en règle générale destinés à une communication immédiates, instantanée.
Dans les signaux visuels, il y a dans un premier temps des signaux morphologiques comme des motifs colorés ou contrastés qui donneront au receveur des informations directes concernant l’espèce, le sexe ou encore l’état de réceptivité sexuelle. Prenons l’exemple du lion : sa crinière informera directement sur son sexe. Chez le la femelle babouin, un arrière train rouge et boursouflé indiquera que l’individu est en oestrus, c’est à dire sexuellement réceptive.
La communication visuelle comprend aussi des signaux comportementaux comme des parades sexuelles (présentes chez beaucoup d’oiseaux), des postures ritualisées, ... Cela sera aussi le cas dans les interactions sociales, par le biais de postures de domination ou de soumission.
La perception visuelle va beaucoup varier selon l’espèce, en effet toutes les espèces n’ont pas les mêmes avantages en terme d’acuité visuelle, certaines espèces par exemples ne perçoivent pas certaines couleurs ou ne perçoivent pas du tout les couleurs.
De plus , la communication visuelle sera majoritairement utilisée lorsque les individus sont dans une situation de vis à vis.

Bibliographie citée  :
- Bradbury, J. W., & Vehrencamp, S. L. (1998). Principles of animal communication.
- Crockford, C., Herbinger, I., Vigilant, L. & Boesch, C. (2004). Wild Chimpanzees Produce Group-Specific Calls : a Case for Vocal Learning ? Ethology, 110(3), 221–243.
- Fitch W.T., Huber L., and Bugnyar T. (2010). Social Cognition and the Evolution of Language : Construction Cognitive Phylogenies. Neuron 65, 795-8
- Janik, V.M. & Slater, P.J.B. (2000). The different roles of social learning in vocal communication. Animal behaviour, 60(1), 1–11
- Kondo, N., Izawa, E., and Watanabe, S. (2010). Perceptual mechanism for vocal individual recognition in jungle crows (Corvus macrorhynchos) : contact call signature and discrimination. Behaviour, 147, 1051–1072
- McComb, K., Moss, C., Sayialel, S., & Baker, L. (2000). Unusually extensive networks of vocal recognition in African elephants. Animal behaviour, 59(6), 1103-1109.
- Mitani, J. C., Hasegawa, T., Gros‐Louis, J., Marler, P., & Byrne, R. (1992). Dialects in wild chimpanzees ?. American Journal of Primatology, 27(4), 233-243.
- Rendall, D., Rodman, P. S., & Emond, R. E. (1996). Vocal recognition of individuals and kin in free-ranging rhesus monkeys. Animal behaviour, 51(5), 1007-1015.
- Tomasello, M. (2010). Origins of human communication. MIT press.
- Tyack, P. L. (2008). Convergence of calls as animals form social bonds, active compensation for noisy communication channels, and the evolution of vocal learning in mammals. Journal of Comparative Psychology, 122(3), 319.
- Zimmerman, T (2014). Vocal convergence in wild vervet monkeys. M.Sc. Thesis. Unpublished.

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